C’était hier soir le tour du quartier du Haut-du-Lièvre, avec la réunion de mise en place de l’Atelier de vie de quartier qui se tenait à la MJC. Moins de personnes présentes qu’à Boudonville, ce qui montre le travail qui reste à accomplir, mais là-encore l’occasion d’une intéressante séance de questions-réponses : stationnement, sécurité des travaux, devenir des commerces… tout y passe. Avec Dominique Herman, l’adjointe spéciale du quartier, nous essayons de donner les réponses les plus précises, mais surtout nous mettons en avant tous les sujets sur lesquels nous avons besoin de travailler main dans la main avec les habitants. Je pense en particulier à deux sujets dont j’aurai l’occasion de vous reparler : l’accueil des nouveaux habitants du quartier, et la célébration du cinquantième anniversaire des premiers habitants du quartier. Deux sujets liés et deux sujets majeurs, car l’avenir ne peut se préparer que sur des bases solides. Affaire à suivre…
Peut-être que les habitants de ce quartier supportent de plus en plus difficilement d’être un quartier “spécial”. D’autant que depuis des années, la municipalité semble se complaire dans la promotion de cette “spécificité” qui fait tant de mal à ce quartier.
Cela a d’abord été le code postal spécifique, 54100, aujourd’hui disparu mais qui a marqué au fer rouge les nombreux demandeurs d’emploi du Haut-du-Lièvre, promis à un rejet certain (une étude avait d’ailleurs été faite sur le sujet).
Ce fut ensuite la nomination d’un adjoint spécial pour ce quartier qui manifestement pose un problème spécial, alors que d’autres quartiers sont aussi précaires et en difficulté, comme la Chiennerie.
C’est aujourd’hui la construction d’une prison pile en face de ce quartier qui tente de sortir la tête de l’eau. Un certain élu à la Région aurait d’ailleurs très finement fait une remarque sur les relations producteur-consommateur.
Pensez-vous réellement qu’avec un tel manque de considération pour ce quartier (à part le titre ronflant d’adjoint spécial, bien sûr), ses habitants aient encore envie de faire vivre un AVQ qui ne résoudra pas ses problèmes?
Bonjour Maxime,
Il est intéressant de noter que des deux décisions citées, code postal et prison, aucune ne relève directement de la ville de Nancy et que par contre, vous n’évoquiez pas par exemple le programme de rénovation urbaine engagée sur le quartier qui, pour le coup, relève de la responsabilité du Grand Nancy. Mais, au-delà de ça, quelques éléments de réponse :
- pour le code postal, effectivement le 54100, qui avait été imaginé pour faciliter la distribution du courrier, était source de discriminations. C’est pourquoi plusieurs élus, et notamment Laurent Hénart (voir sur son blog : http://laurenthenart.typepad.com/le_blog_de_laurent_hnart/2007/02/le_hautdulivre_.html) ont demandé et obtenu sa suppression. Donc sur ce point nous sommes apparemment tous d’accord.
- pour la prison, vous préférez la prison actuelle de Charles Trois, qui a plus de 150 ans et ne permet pas de loger tous les détenus dans des conditions dignes, ou un établissement neuf, connecté au réseau urbain et autoroutier et répondant aux nouvelles normes d’hygiène et de sécurité ? Et sur le choix du site, il existe peu d’espaces de cette dimension dans l’agglomération. Alors mieux vaut travailler, comme nous l’avons fait, sur l’insertion dans son environnement, que de critiquer sans solution alternative.
- enfin, sur l’adjoint spécial, mobiliser plusieurs élus pour travailler pour le quartier n’est pas un signe de stigmatisation, mais au contraire de mobilisation. Car tous les acteurs du quartier vous le diront, il y a effectivement beaucoup de travail à faire. Et l’Atelier de vie de quartier, en étant un lieu utile mais pas unique de dialogue avec les habitant, peut y contribuer.
Bravo pour votre réponse rapide, c’est très appréciable sur un blog politique
. Je vous réponds donc:
, c’est cette mise en lumière un peu forte.
- Sur le 54100 nous sommes absolument d’accord. C’était une demande des élus nancéiens, notamment Mathieu Klein, comme conseiller général de Nancy-Nord, et je suis heureux de voir que cela a été supprimé. Mais la marque reste forte.
- J’en viens à la prison. D’autres hypothèses pouvaient être envisagées. Je n’ai pas en ma possession toutes les pièces du dossier, n’ayant pas un niveau d’information suffisant, mais je pense qu’une prison sur les hauteurs de Nancy était possible sans qu’on la place pile en face du Haut-du-Lièvre. Après, je me doute bien que la majorité n’a pas délibérément fait ce choix dans un but malsain, mais je crains les dommages collatéraux dans les prochaines années. Puissé-je avoir raison.
- Enfin, notre point de désaccord sur l’adjoint spécial vient en réalité d’une approche différente que nous avons, sans doute, sur la manière d’entrevoir le travail à mener sur le Haut-du-Lièvre. Je suis de ceux qui revendiquent pour ce quartier une sorte de “droit à l’indifférence”, une mise à plat, une égalité avec les autres quartiers davantage dans le besoin (je reviens à la Chiennerie, par exemple). Ce qui me gêne, sans pour autant m’empêcher de dormir, je vous rassure
Encore merci en tout cas de votre réactivité. A bientôt.
Oups, lapsus révélateur, il convient de lire “Puissé-je ne pas avoir raison” bien sûr