Etre élu municipal comporte quelques obligations. Certaines sont sympathiques, presque ludiques, comme la « semaine de mariage » (pour les adjoints au maire), qui vous fait célébrer des mariages tous les six mois pendant une semaine (ma première était fin juin, avec presque vingt mariages rien que le samedi !)
D’autres le sont un peu moins, c’était le cas aujourd’hui : j’étais réquisitionné toute la journée pour présider un bureau de vote pour les élections prud’homales. Arrivée matinale à 7h45 pour ouvrir le bureau de vote, clôture à 18h, puis dépouillement jusque 21 heures…
Longue journée, mais qui était l’occasion de discuter avec un grand nombre de salariés et de délégués syndicaux. L’occasion aussi de réfléchir un peu sur ces élections trop méconnues.
Elections méconnues, car elles ne déplacent pas les foules. Les chiffres ne sont pas définitifs, mais il semblerait que la participation côté salariés s’établisse à 27 %, cinq points de moins qu’en 2002. Dans le bureau de vote que je présidais, il y avait 1900 inscrits, seulement 450 salariés ont voté. Et encore 220 personnes l’ont fait par correspondance… Méconnues aussi des médias, car les articles sur le sujet étaient rares : je cherchais ce soir les résultats nationaux, seul un blog du Figaro donnait des tendances… Heureusement que quelques bloggers nancéiens s’y intéressent J
Et pourtant l’enjeu est important, à double titre. Pour élire les membres des conseils de prud’hommes, qui tranchent tous les litiges individuels entre les employeurs et leurs salariés, et notamment les licenciements. Et puis pour mesurer la représentativité des syndicats, puisque c’est la seule élection nationale qui permet de le faire.
Je crois que c’est en partie ce double objectif pour une seule élection qui crée la confusion. Mesurer la représentativité des syndicats est crucial, plus encore vu la place qui est la leur aujourd’hui dans le dialogue social et la construction du droit du travail. Mais le faire à l’occasion d’une élection spécifique, dont le premier rôle est en quelque sorte l’élection des « juges du droit du travail », ne me paraît pas pertinent. Ce n’est d’ailleurs pas le cas en droit, puisque l’audience des syndicats se mesure juridiquement lors des élections professionnelles, qui se déroulent entreprise par entreprise. A mon avis, il serait plus judicieux de dissocier les deux enjeux, avec d’un côté des élections prud’homales, juste pour élire les conseillers prud’homaux, et de l’autre une élection spécifique, véritable “test de représentativité” à l’échelle nationale, destiné à mesurer l’audience des syndicats. Qu’en pensez-vous ?
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